Malte en bref : plus petite que prévu, bien plus dense que vous ne l’imaginez
Que faire à Malte ? C’est souvent la première question — et la bonne. Moins de 320 km² d’archipel, mais trois îles habitées, 7 000 ans d’histoire stratifiée, une mer dont la couleur oscille entre le vert jade et le bleu cobalt selon l’heure, et une capitale classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Malte tient rarement ses promesses de carte postale — elle fait mieux : elle surprend.
Depuis Paris ou Lyon, moins de trois heures de vol suffisent pour poser les pieds sur ce caillou méditerranéen où Phéniciens, Chevaliers de Saint-Jean et Empire britannique ont laissé des couches d’histoire visibles à chaque coin de rue. Ce guide vous dit ce qu’on recommande vraiment, ce qui vaut chaque euro dépensé, et ce que la plupart des brochures passent sous silence.
La Valette et les cités médiévales : la colonne vertébrale du voyage
La Co-Cathédrale Saint-Jean : arrivez avant 9h ou oubliez la sérénité
Il est 8h45 un mardi de juin. La lumière traverse les voûtes de la Co-Cathédrale Saint-Jean et tombe en diagonale sur le sol en marbre incrusté de tombes de chevaliers. Dans vingt minutes, les premiers groupes en visite guidée vont tout envahir. Vous avez une petite fenêtre pour voir les deux Caravages exposés dans l’oratoire dans un silence presque monacal.
La Co-Cathédrale est, sans doute possible, l’une des plus belles de la Méditerranée. L’entrée coûte autour de 15 € par adulte — réservez en ligne la veille, les créneaux du matin partent vite en haute saison. Ce qui déconcerte les visiteurs non prévenus : le sol. Pas un centimètre de marbre n’est vide. Chaque dalle est une épitaphe de chevalier, un portrait de guerrier, un blason. On ne marche pas dans une église, on marche sur de l’histoire.
Mdina, la cité silencieuse : timing et pièges à éviter
Mdina mérite son surnom uniquement si vous l’atteignez avant 10h ou après 17h. Le reste du temps, les ruelles en pierre calcaire dorée défilent sous des flux de visiteurs qui photographient les fameux balcons en encorbellement — ces loggias closes en bois sombre, typiques de l’architecture maltaise. Ce n’est pas qu’elles déçoivent ; c’est que le silence annoncé n’existe qu’aux marges.
En revanche, les remparts nord offrent un panorama sur la plaine centrale et sur Rabat, le village adjacent, qui mérite au moins autant le détour pour ses catacombes et sa Domus Romana — une villa du Ier siècle avant J.-C. dont les mosaïques rivalisent avec ce qu’on voit à Pompéi, pour un dixième du monde.
Blue Lagoon, Gozo, Grotte Bleue : que faire à Malte côté mer
Le Blue Lagoon de Comino : la vérité sur la foule
Aucun blog ne vous dira que le Blue Lagoon en juillet ressemble davantage à un parc aquatique bondé qu’à une crique secrète — alors on le fait. L’eau est d’un turquoise irréel, la roche blanche tranche avec le ciel, et la baignade vaut vraiment le voyage. Mais venez en excursion matinale en demi-journée, ou louez un bateau pour y arriver avant 9h30, avant que les ferries de masse accostent.
Notre conseil : opter pour une excursion combinée Comino + Gozo en bateau (entre 40 et 60 € selon la saison) permet de ne passer qu’une heure au Blue Lagoon, de voir Crystal Lagoon, les grottes marines de Gozo et Elephant Rock — et de ne pas subir la cohue du milieu de journée.
Gozo : l’autre Malte, la vraie
On prend le ferry à Cirkewwa (environ 30 minutes, 4,65 € aller-retour), et l’ambiance change du tout au tout. Gozo sent l’herbe sèche et la pierre chaude. Les routes descendent vers des criques comme Dwejra Bay ou Xlendi Bay, où le snorkeling révèle des fonds d’une clarté presque embarrassante. La Citadelle de Victoria domine l’île depuis ses remparts restaurés et offre le meilleur panorama de l’archipel.
Gozo convient davantage aux voyageurs qui ont déjà vu Malte, aux amateurs de randonnée côtière et à ceux qui cherchent la quiétude. Ce n’est pas Ibiza. C’est mieux — ou pire, selon ce qu’on cherche.
Quand partir à Malte : tableau comparatif par saison
| Période | Température | Idéal pour | Budget moyen/j |
|---|---|---|---|
| Avr – Juin | 18–26°C | Randonnée, patrimoine, plongée | ~80–100 € |
| Juil – Août | 28–34°C | Plage, Blue Lagoon, fêtes | ~120–180 € |
| Sep – Oct | 22–28°C | Plongée, gastronomie, Gozo | ~80–120 € |
| Nov – Mar | 12–18°C | Valette, culture, off-season | ~50–80 € |
Le printemps (avril à juin) reste la période que nous recommandons le plus : températures idéales pour explorer la Valette, floraison des falaises de Dingli, mer encore fraîche mais déjà bleue. L’automne est une seconde chance, avec des eaux plus chaudes et une lumière photographique spectaculaire.
Gastronomie maltaise : entre fenkata, pastizzi et étoilés Michelin
Ce qu’on mange vraiment à Malte
Le pastizzi — ce petit feuilleté à la ricotta ou aux pois cassés vendu 30 centimes dans les cafés locaux — est l’anti-touriste parfait. Il se mange debout, chaud, avec un café fort. C’est la meilleure chose qu’on puisse avaler à 8h du matin à La Valette.
La fenkata, elle, est un rituel. Ce ragoût de lapin aux herbes et à l’ail se partage en famille, souvent lors des festas villageoises, dans une ambiance qui n’a rien à envier aux trattorias siciliennes. Le restaurant Ta Marija, à Mosta, organise des dîners-spectacles folkloriques les vendredis de janvier à novembre et les mercredis d’avril à décembre — réservation obligatoire, soirée mémorable.
La scène gastronomique haut de gamme : ION Harbour et les étoilés
En 2025, Malte comptait sept restaurants au Guide Michelin, dont ION Harbour à La Valette — premier établissement maltais à décrocher deux étoiles. Vue sur le Grand Port, cuisine maltaise réinterprétée avec une précision chirurgicale. Compter entre 120 et 180 € par personne pour le menu dégustation. La réservation s’anticipe de plusieurs semaines.
Pour ceux que la gastronomie étoilée n’intéresse pas, les restaurants de Marsaxlokk — le village de pêcheurs du sud — servent des poissons pêchés la nuit même, à des prix qui n’ont rien de touristiques, du moins en dehors du dimanche matin de marché.
Quel profil de voyageur êtes-vous ? Recommandations personnalisées
| Profil | Notre recommandation | À éviter |
|---|---|---|
| Couple / lune de miel | Gozo hors-saison, dîner à ION Harbour, croisière privée Comino | Août à Sliema – foule et bruit |
| Famille | Village Popeye, Aquarium de Qawra, Mellieha Bay, excursion Comino | Mdina avec enfants en bas âge – escaliers, peu d’ombre |
| Solo / plongée | Base à St Julian’s ou Marsaskala, clubs de plongée à Blue Grotto ou Gozo | Voyager sans réserver les sites en haute saison |
| Budget maîtrisé | Bus publics (2 €/trajet), ftira au marché, hébergements à Sliema ou Bugibba | Taxis de nuit à St Julian’s – tarifs libres |
Planifier votre séjour à Malte : par où commencer concrètement
Voici ce qu’on recommande pour organiser un séjour réussi : réservez la Co-Cathédrale et les hôtels dès que les dates sont fixées (minimum 4 à 6 semaines à l’avance en haute saison), planifiez Gozo sur une journée complète avec voiture de location sur l’île, et bloquez une demi-journée pour Comino en matinée. Les bus publics maltais coûtent 2 € le trajet toute l’île — c’est lent mais suffisant pour La Valette, Mdina et les plages du nord.
Budget indicatif : entre 80 € et 180 € par jour selon le confort choisi, hors vols. Les vols depuis Paris ou Lyon oscillent entre 80 et 200 € aller-retour selon la saison.
Malte n’est pas une destination qui se contente de ses clichés. Elle offre, à qui prend la peine de sortir des sentiers balisés, des temples préhistoriques antérieurs aux pyramides d’Égypte, une scène de plongée élue meilleure au monde en 2025, et une gastronomie qui vient de faire son entrée dans les guides les plus sélectifs. C’est un archipel qui se laisse découvrir en une semaine — et dont on revient en sachant qu’on a effleuré quelque chose de plus profond.
Pour planifier votre séjour à Malte, on vous conseille de commencer par établir vos priorités : culture, mer, gastronomie ou mélange des trois. Le reste se construit autour.
FAQ — Questions fréquentes sur Malte
Combien de jours faut-il pour visiter Malte ?
Cinq jours permettent de couvrir l’essentiel : La Valette (1 jour), Mdina et le centre (1 jour), Gozo (1 jour), Comino (demi-journée) et les plages ou activités nautiques (1 jour). Une semaine complète est recommandée pour ne pas se sentir à la course, notamment si vous souhaitez inclure une journée de plongée et explorer les villages du sud comme Marsaxlokk ou Birzebbuga.
Quelle est la meilleure période pour aller à Malte avec des enfants ?
Avril à juin ou septembre à octobre : les températures sont agréables (18–26°C), la mer est praticable, et les plages moins saturées qu’en juillet-août. Le Village Popeye et l’Aquarium national de Qawra fonctionnent toute l’année. En été, Mellieha Bay reste la plage la plus familiale grâce à ses eaux peu profondes et ses commodités. Pensez à réserver votre hébergement bien à l’avance si vous partez en août.
Peut-on visiter Malte sans voiture ?
Oui, depuis La Valette et Sliema, les bus publics couvrent la majorité des sites pour 2 € le trajet. Pour Gozo, des ferries réguliers partent de Cirkewwa (4,65 € aller-retour). En revanche, pour explorer les falaises de Dingli, les criques isolées du sud ou les villages intérieurs, louer une voiture une ou deux journées facilite vraiment la logistique. Les scooters sont également une option populaire hors haute saison.
Malte est-elle chère par rapport aux autres îles méditerranéennes ?
Malte se situe dans la moyenne basse de l’Europe occidentale. Un budget de 80 € par jour couvre l’hébergement en hôtel 3 étoiles, les repas dans des restaurants locaux et les transports. Les activités de plongée et les excursions en bateau ajoutent entre 30 et 60 € selon la formule. Comparée à la Côte d’Azur ou à Santorin, Malte offre un rapport qualité-expérience nettement supérieur pour un budget équivalent ou inférieur.
Faut-il un visa pour aller à Malte depuis la France ?
Malte est membre de l’Union européenne et de l’espace Schengen. Les ressortissants français peuvent y entrer librement avec un passeport ou une carte nationale d’identité en cours de validité, pour un séjour inférieur à trois mois. Aucun visa n’est requis. Il est cependant recommandé de vérifier les conditions d’entrée actualisées sur le site du ministère des Affaires étrangères avant tout départ.
Que faire à Malte quand il pleut ?
Les musées nationaux de La Valette — dont le Musée national de la Guerre et le Musée d’archéologie avec les temples préhistoriques reconstitués — offrent facilement quatre à cinq heures de visite. La Co-Cathédrale Saint-Jean, la Casa Rocca Piccola et le Palais du Grand Maître constituent également des alternatives de qualité. L’hiver à Malte reste doux (12–18°C) et les jours de pluie sont rares. Mais quand ils arrivent, La Valette reste l’une des plus belles villes couvertes de Méditerranée.


